SPACE GALVACHERS  &  OLIVIER ARASTE

LO   SWAR

SORTIE  DE  DISQUE

HIVER 2023


"Une ode à la nature en forme de western réunionnais"


Lo Swar est une fresque réunionnaise hautement sensorielle dans laquelle l’auditeur croirait toucher la rosée du matin dans la forêt primaire équatoriale. 

Dans cette création, le créole réunionnais devient vecteur et libère sa faculté sonore à faire percevoir jusque dans le détail des « moments » choisis de la culture réunionnaise et de sa relation omniprésente à son environnement.

Au travers cette fresque, Space Galvachers et Olivier Araste ont écrit une véritable ode moderne à la nature et au tempo naturel qu’elle intime. 

Olivier Araste : Voix

Clément Janinet : Violon

Clément Petit : Violoncelle

Benjamin flament: Percussions

BIO

 

Lo Swar, c’est la fusion aussi réussie qu’inattendue entre deux galaxies dont les trajectoires auraient bien pu ne jamais se croiser.

 

Chacun à leur manière, Clément Janinet (violon), Benjamin Flament (percussions) et Clément Petit (violoncelle) sont des enfants du jazz et des musiques improvisées, aux manettes de leurs propres projets ou aux côtés d'artistes tels que Blick Bassy, Piers Faccini, Ballaké Sissoko ou encore Oumou Sangaré. 

De son côté, voilà une vingtaine d’années qu’Olivier Araste mène roulèr battant le maloya power de son groupe Lindigo, ambassadeur moderne de la créolité réunionnaise de Bras-Panon à Tokyo, Londres ou Maputo.

On est toujours l’ovni de quelqu’un et pourtant, c’est bien l’amour du vivant et un profond respect des éléments qui réunit ces quatre musiciens, humbles artisans de la matière sonique. Réunionnais ou bourguignons, tous descendent d’une lignée d’agriculteurs de la canne à la vigne, tous ont au cœur le rythme des saisons. Space Galvachers puise donc naturellement dans cet héritage commun pour donner corps au répertoire de Lo Swar. 

 

    Avec Lo Swar, Space Galvachers dévoile une musique de nuit hautement sensorielle, des chants du crépuscule nourries par la poésie, le mystère et le blues intrinsèque des fonnkèrs réunionnais. Avec Lo Swar, Space Galvachers se glisse dans l’interstice entre le jour et la nuit, à l’heure où la lumière incertaine apaise les esprits et convoque le rêve dans l’intimité de la kaz ou la transe des veillées. Ainsi Clément Petit, Benjamin Flament et Clément Janinet ont-ils taillé un écrin instrumental mutant – pointilliste, textural, expérimental, parfois bruitiste, très contemporain – et sur-mesure pour la voix d’Olivier Araste que l’on (re)découvre ici en fin parabolèr ou conteur crépusculaire. 

L’ambianceur-né se met à nu, se dévoilant d’une manière totalement inédite et souvent improvisée sur des textes de Gaël Velleyen et Marie Cisaille, deux jeunes auteurs péï qui marchent aujourd’hui dans les pas des poètes créoles Alain Peters ou Jean d’Albany. Se saisissant avec brio et intuition de la forme comme du fond, Olivier Araste s’autorise aussi un grain de voix nouveau qui laisse affleurer une grande vulnérabilité, autant qu’un plaisir gourmand à investir autrement la musicalité de la langue créole. 

Qu’ils témoignent de l’inquiétude provoquée par le changement climatique, du chagrin honteux de léguer des rivières polluées aux prochaines générations, de l’infinie gratitude pour le Piton des Neiges qui veille sur l’île intense depuis des millénaires ou du respect pour leurs ancêtres... Dans Lo Swar, les fonnkèrs de Space Galvachers chantent une réalité créole profondément spirituelle mais se veulent avant tout universels – d’où ces orchestrations sous influences : tour à tour mandingues, rumba, angola, new orleans, soul sega, malgaches, country créole, baroques ou carrément cradingues comme un blues brut à la Tom Waits version sentier des Marrons. 

Enregistré en quelques jours à la Cité des Arts de Saint-Denis de La Réunion, Lo Swar est un disque dépouillé d’effets et de distorsions pour privilégier un traitement acoustique des instruments. Malicieux métamorphes et alchimistes du son, (les membres de) Space Galvachers transforment le violon en ngoni en flûte peule ou en guembri, le violoncelle en berimbau, flûte peule et même ou en roulèr, réinventent leurs cordes dans de l’aluminium ou du mastic élastique, sans parler du set de batterie/percussions complètement fait maison, à base d’équerres d’étagères, gong et autres presse-agrumes. 

 

Ainsi avec Lo Swar, Space Galvachers offre une bande-son ovninnovante et magnétique aux histoires qui se murmurent en clair-obscur, juste à l’heure où les cœurs s’ouvrent. Un grand disque ! 

 

Jeanne Lacaille